Bannière

 

Le 11 juillet 1870...

Agénor de GRAMMONTAntoine X Alfred Agénor de GRAMONT, duc de GUICHE naît le 14 août 1819 à Saint-Germain-en-Laye, dans les Yvelines. Il est fils d'Antoine IX Héraclius et Ida d'ORSAY.

En 1837, il entre à l'Ecole Polytechnique, mais quitte l'armée très vite, en 1840. Il suit Napoléon III en exil à Londres. C'est dans cette ville que le 27 décembre 1848, il épouse Emma Mary Mc KINNON, 37 ans, fille de William Alexander et Emma Marie PALMER. Le couple aura quatre enfants :
- Antonie Corisandre (1850-1935),
- Antoine XI Alfred Agénor (1851-1925),
- Armand (1854-1931),
- Alfred (1856-1915).

Le 22 décembre 1851, Napoléon III, ayant besoin du soutien des anciennes familles de la haute noblesse, nomme Agénor de GRAMMONT ministre plénipotentiaire à la cour de Hesse-Cassel. En 1852, il est nommé ministre de France à la cour de Württemberg, puis à Turin, en 1853. Son ascension politique se poursuit avec une nouvelle nomination d'ambassadeur près le Saint-Siège, auprès du Pape Pie IX avec lequel il entretient de solides relations de confiance. En 1861, il est rejoint l'ambassade de Vienne, où, la encore, il gagne la confiance de l'Empereur François-Joseph. Napoléon III lui accorde la Légion d'Honneur le 14 août 1866.

En 1870, Napoléon DURU démissionne de son poste de Ministre des Affaires étrangères. Le 14 mai, la place vacante est prise par Agénor de GRAMMONT, nommé par Napoléon III. Partisan d'une alliance possible avec l'Autriche et l'Italie, le ministre des Affaires étrangères ne se méfie pas de l'ascension de la Prusse. Lorsque l'Espagne envisage de placer sur le trône le Prince Léopold de HOHENZZOLERN, il envoie comme émissaire le comte de BENEDETTI. Ce dernier obtient satisfaction quant à la demande de la France "que le Prince de HOHENZOLLERN ne se porte plus volontaire au trône d'Espagne"

Texte de GRAMMONT

Un rappel : Gambetta, aussitôt élu député en juillet 1869, a demandé le renvoi immédiat des soldats dans leurs foyers : en cas d'insurrection, l'Empire serait plus facile à renverser.
Mais, quand les députés virent que l'Allemagne, sous le sceptre d'un HOHENZOLLERN, devenait de jour en jour plus formidable, même les républicains, changeant de tactique, se firent une arme contre l'Empire des victoires de la Prusse. Aussi, le parti bonapartiste, devant ces critiques, cherchait à briser la menaçante Confédération du Nord. La Prusse comprit que la guerre était inévitable dans un délai rapproché et s'y prépara avec une grande énergie, le peuple allemand fut armé de vingt à soixante ans : 1 500 000 hommes exercés et armés !

M. de GRAMONT s'exprima devant le Corps législatif : "La couronne d'Espagne a été offerte à un prince allemand, et acceptée ; mais le peuple espagnol ne s'est pas encore prononcé. Nous espérons que cette éventualité ne se produira pas. S'il en était autrement, nous saurions remplir notre devoir sans hésitation et sans faiblesse." Les journaux de l'opposition se déclarèrent immédiatement pour la paix : "La France a horreur de la guerre. Une victoire sur le Rhin serait la ruine de la liberté de Paris."
Le cabinet des Tuileries comprit qu'il ôtait à la Prusse tout moyen de retraite, l'humiliait dans sa dignité et l'acculait à la guerre pour laquelle elle était mieux préparée que nous !

Pourtant, le même jour, 11 juillet 1870, Léopold de HOHENZOLLERN retire sa candidature.