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Napoléon IIINapoléon III, au château de Saint-Cloud voyait d'un œil inquiet ces manifestations belliqueuses. Malade, il ne peut qu'assister, incapable de la maîtriser, la surexcitation de l'entourage.
Le 14 juillet 1870, le comte de Benedetti, à Ems, au moment de son départ vers Paris, rencontre le Roi Guillaume à qui il présente ses salutations, le roi lui serre la main devant de nombreux témoins. La veille, MM. de BISMARCK, de MOLTKE et de ROON, comprennent que la guerre n'aurapas lieur : elle leur échappe…
"Alors que je donne lecture de la dépêche du roi, ROON et MOLTKE laissent tomber, d'un même mouvement, leur fourchette sur la table et reculent leur chaise. Nous étions tous profondément abattus. Nous avions le sentiment que l'affaire se perdait dans les sables."
De MOLTKE était convaincu que les Prussiens gagneraient cette guerre. De BISMARCK modifia aussitôt la dépêche en ôtant tos les signes indiquant qu'il n'y aurait pas de guerre. Le billet est donc devenu "Ems, 13 juillet. Après que la nouvelle loi de la nomination officielle du prince de HOHENZOLLERN eût été communiquée au gouvernement français, l'ambassadeur de France osa demander au Roi l'autorisation de télégraphier à Paris que le Roi s'engageait pour l'avenir à ne jamais autoriser l'acceptation de la couronne d'Espagne, si le Prince revenait sur son refus. Le Roi a refusé de recevoir l'ambassadeur et lui fit dire, par l'adjudant de service, que Sa Majesté n'avait plus rien à dire à l'ambassadeur de France."
Cette dépêche, adressée par les journaux de berlin et relayés par tous les agents prussiens en Europe, le cabinet des Tuileries ne tarda pas à en prendre connaissance. Stupéfaction et colère : la provocation est évidente !

La mobilisation des réserves, arrêtée le 13 juillet est signée le 14. Le Corps législatif vote les crédits nécessaires.

Article de presse des crédits votés pour la mobilisation de 1870

Mais rien ne permettait de rappeler ces réservistes !... L'administration a montré là un vice terrible. De fait, les régiments "actifs" sont envoyés vers la frontière du nord-est, où sont formées – presqu'au hasard – les unités les plus fortes : Corps d'Armée, Brigades et Division, unités non constituées en temps de paix. Les pénuries des approvisionnements, le mauvais emploi des chemins de fer, les énormes manques dans les effectifs, autant de désordres de la mobilisation plongeant l'administration dans le plus grand désarroi…

De son côté, le 15 juillet, le roi Guillaume 1er ordonne la mobilisation des forces militaires de la Confédération de l'Allemagne du Nord. Du 16 au 19, les Etats du sud - Bade, Hesse, Bavière et Wurtemberg - rejoignent la Confédération du Nord et mobilisent leurs troupes.

La guerre est presque déclarée…